La randonnée pédestre est une activité physique aux multiples bienfaits pour la santé. Cette pratique intergénérationnelle et accessible connaît un grand intérêt, surtout depuis la crise sanitaire.
La randonnée est une discipline qui marche. En 2021, 56 % des Français pratiquait la randonnée pédestre et la marche loisir selon la Fédération Française de Randonnée.
Depuis la pandémie, ils sont de plus en plus nombreux à s’adonner à cette discipline praticable partout et en toute saison. « Dans l’inconscient collectif la randonnée se pratique forcément en forêt ou en montagne. En réalité, on peut randonner partout en France même en ville », observe Séverine Vidal, Directrice Technique Nationale de la Fédération Française de Sport Vitalité. Le cortège de bénéfices santé liés à cette activité renforce l’attrait de la pratique. « La randonnée cumule les atouts d’une activité d’endurance surnles plans cardio-vasculaire et musculaire et d’une activité en extérieur », pointe Séverine Vidal. Concrètement, le marcheur gagne en tonus musculaire, augmenten sa densité osseuse grâce à l’impact au sol. La pratique régulière s’accompagne d’une baisse de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque au repos, d’une meilleure circulation sanguine, régule la glycémie. L’activité favorise aussi la perte de poids, affine l’équilibre… Cette montagne de bénéfices se pare aussi d’un versant psychologique : plus grande acuité mentale, baisse du stress, humeur boostée. « Le contact avec la nature et la lumière a un impact positif sur le moral, allège la charge mentale et améliore l’estime de soi », note encore Séverine Vidal. « L’effet positif est immédiat », observe de son côté Céline Marlot, Conseillère en développement au Comité départemental de l’Isère FF Sport Vitalité et formatrice en randonnée au Comité régional Auvergne Rhône-Alpes FF Sport Vitalité. « Quand on marche, on a une sensation de bien-être, de liberté. On déconnecte ».
Un levier de motivation et de progression
Seule ombre au tableau, cet élan collectif pour la marche se traduit plutôt par une pratique « solo » que par un élan massif vers les clubs de randonnée. 89 % des randonneurs partent en autonomie, selon le Baromètre national des pratiques sportives 2018 réalisé par le Credoc et le Ministère des sports.
Peur du « dénivelé », de la performance…Enjamber les idées reçues qui freinent à rejoindre un club permet d’entrevoir les nombreuses perspectives liées à la pratique collective. « Le groupe permet de se maintenir motivé. Quand on pratique seul on a tendance à lâcher au bout d’un moment », constate Séverine Vidal.
Randonner dans un club est aussi l’occasion de contempler la faune et la flore, de communier à plusieurs, ce qui crée du lien. « La randonnée c’est aussi du loisir et du plaisir, celui de rencontrer des gens avec la même passion, d’avoir des échanges », démystifie Céline Marlot. « On ne cherche pas la performance. On admire ce qu’il y a autour de soi, on prend son temps, on se pose ». Au fil des pas, on se sent progresser. « Quand on débute, le fait d’être dans un groupe nous incite à suivre le rythme de celui-ci. Ça nous pousse à continuer et à ne pas rebrousser chemin », affirme Séverine Vidal.
Une pratique encadrée et sécurisée
En plaine, sur le littoral ou en montagne, sur la route… Quel que soit le parcours, marcher en groupe encadré par une personne formée à la randonnée s’avère essentiel. La typologie du terrain et sa difficulté, la météo, l’équipement font partie des indispensables à maîtriser. Dans les clubs Sport Vitalité proposant la randonnée, les sorties sont encadrées par des Accompagnateurs bénévoles de randonnées (ABR) formés par la fédération. « Randonner en club et en groupe sécurise la pratique. C’est structuré et encadré. C’est ça qu’apprécie le pratiquant, se laisser guider et laisser place à la découverte », précise Céline Marlot. Randonner dans un club ouvre aussi de belles perspectives de barouder à travers la France et hors des frontières. Les clubs affiliés à la fédération peuvent proposer à leurs licenciés des séjours de plusieurs jours grâce à l’adhésion de la fédération à l’organisme Atout France. Des excursions qui peuvent constituer un challenge motivant à relever sur l’année. « La Fédération Française de Sport Vitalité est la seule fédération avec la Fédération Française de Randonnée à proposer cette possibilité de séjours sportifs », affirme Séverine Vidal. 96 % des 130 séjours sportifs organisés à l’année par les clubs de la fédération proposent la randonnée ».
Chez les passionnés, le plaisir des pérégrinations collectives fait parfois éclore des envies d’encadrer un groupe. À la Fédération Française de Sport Vitalité, 3 cursus de formation sont proposés : l’Accompagnateur bénévole de randonnée ou ABR1, l’ABR 2 pour encadrer des randonnées d’une difficulté supérieure et le cursus ABR raquettes à neige. Amoureuse de la montagne, Cécile Mahaut a profité de la retraite pour passer son ABR 1 en 2018, avant de compléter avec les casquettes d’ABR2 et raquettes. Son club de Sassenage en Isère propose des randonnées d’une journée qui font le plein, avec 80 randonneurs par sortie en moyenne. Ici chaque ABR encadre un groupe selon son niveau ou son envie, assure l’animatrice. « Nous organisons des randonnées de plusieurs niveaux : du randonneur « aguerri » qui attend un effort physique important et 1000 m de dénivelé au moins, au randonneur « cool » avec 300 m de dénivelé sur terrain facile, qui souhaite faire un effort léger, passer la journée en plein air et bavarder avec les autres », raconte-t-elle. Cécile Mahaut s’épanouit dans sa fonction de bénévole. « L’encadrement d’une randonnée est un moment sympa avec nos adhérents : on explique le parcours, on présente les sujets qui nous intéressent. Il peut s’agir du panorama, de points d’histoire locale de faune ou de flore. Mais encadrer une rando, c’est aussi une opportunité de liberté personnelle : on choisit notre itinéraire, on propose le rythme de la marche adapté à la forme physique du groupe et on choisit les endroits où s’arrêter ».
Par Emilie Cailleau